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Éolien en mer de Bretagne Sud : les menhirs, la dune et le câble

il y a 4 heures
3 min de lecture
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Le 27 septembre 2026, nous avons déposé notre contribution à l’enquête publique sur le raccordement des parcs éoliens flottants de Bretagne Sud. Nous y demandons à la commission d’enquête un avis défavorable sur l’ensemble des décisions sollicitées par Réseau de transport d’électricité (RTE).


Comment décrire à la fois le caractère exceptionnel du site menacé et l’ampleur de cette menace ?

En août 2007, un jour de grande marée, des vacanciers qui profitaient du retrait de la mer sur l’estran du Petit Rohu, à Saint-Pierre-Quiberon, découvrirent deux paires de haches polies plantées dans la vase. Des mains néolithiques les y avaient enfouies au milieu du Ve millénaire avant notre ère, quand le rivage se trouvait encore quelque 500 m plus au large.

Tel est le territoire que le Comité du patrimoine mondial a inscrit, le 12 juillet 2025, sous le nom de « Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan ». Des bâtisseurs dont on ignore jusqu’au nom y ont dressé des milliers de pierres, plus d’un millénaire et demi avant la première enceinte de Stonehenge. La mer en garde aujourd’hui plus de 1 500 sous ses eaux.

C’est là qu’un nouveau bâtisseur, des temps modernes, dont le nom est bien connu, entend faire atterrir les câbles de l’un des plus vastes projets éoliens offshores d’Europe.


Ce n’est « que » le branchement, direz-vous. Certes, et ce seul raccordement est déjà très lourd de conséquence : un poste électrique en mer, 3 liaisons à 225 kV, un atterrage sur la plage de Kerhillio, à Erdeven, puis 26 km de tranchées jusqu’à un nouveau poste à Pluvigner, pour un coût de 1,6 milliard d’euros que chaque abonné paiera, sans le savoir, sur sa facture d’électricité.


Si nous ne revendiquons aucune idéologie pour ou contre l’éolien, notre attachement à la défense du patrimoine nous impose de nous opposer fermement aux projets en mer de Bretagne Sud, dont le raccordement, à lui seul, traverserait un bien du patrimoine mondial, un site classé et un site Natura 2000. Notre contribution s’en tient à quatre obstacles majeurs qui doivent conduire à l’abandon du projet :

  • le tracé traverserait le bien inscrit et sa zone tampon, traversée que RTE qualifie lui-même d’« inévitable », la parade proposée étant la fouille préventive, qui consigne les vestiges avant de livrer le terrain au chantier ;

  • l’atterrage creuserait le site classé des dunes de Plouharnel et d’Erdeven pour y loger 3 chambres de béton à 5 m de fond, au prix de 21 mois de chantier, ce qui priverait le classement de son objet et commanderait, au titre de la loi Littoral, le refus de l’autorisation ;

  • le chantier entamerait un habitat que le droit européen tient pour prioritaire, les dunes grises du site Natura 2000 du massif dunaire de Gâvres-Quiberon, ce qui oblige l’administration à s’opposer au projet ;

  • ces atteintes, auxquelles s’ajoutent le coût de l’ouvrage et l’expropriation de terres agricoles, excèdent enfin l’intérêt de l’opération, motif pour lequel le Conseil d’État avait annulé, en 2006, la déclaration d’utilité publique de la ligne à 400 000 volts qui devait traverser les gorges du Verdon.


On notera qu’à Erdeven, la route départementale qui recoupa en 1877 les alignements de Kerzerho serait elle-même ouverte en tranchée pour y coucher les câbles.


Aucun de ces vices ne pouvant être corrigé, nous avons mis la commission en garde contre un avis favorable assorti de réserves, qui ne réglerait rien. Elle doit rendre son rapport dans les semaines qui viennent, avant que l’État ne se prononce. Le texte intégral de notre contribution accompagne ces lignes.



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